Publications, expositions
- 2024 Agon Journal issue one, publication
- 2023 Turntable gallery, exposition avec Brian David Downs
Bruxelles
contact: julieosko@hotmail.com
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A propos de l’entretien infini, texte écrit par Brian David Downs:
« Le travail de Julie Osko utilise majoritairement « Mine De Plomb » (mine noire) comme titre de ses dessins, laissant un plus grand vide sur toute retenue interprétative de l’imagerie. En même temps qu’il affirme son matérialisme de base – plomb – dépourvu de luxe, il y a une anti-décadence obtenue à travers le processus excessif de rendu des images à travers le corps sur papier, un vide d’horreur d’organisation visuelle. Ceci, associé aux images représentant des corps déformés, lacérés, contraints et décorés dans les limites de la composition, amplifie les qualités indiscernables du paysage et de ceux qui le peuplent, le paysage sublimant ce dernier dans son objectité. Une tension envahit le spectateur avec un respect pour le monument, un sentiment d’être submergé et éclipsé, vers une série de paysages infernaux formant de nouvelles compositions tout en régurgitant des extraits de peintures historiques ou des thèmes de violence partiellement déchiffrés reproduits par la main de l’artiste.
Un tout/une composition est suggéré à travers l’uniformité du plomb sur papier, tandis que l’imagerie semble rejeter ses combinaisons et organisations d’informations visuelles autant que les déformations et dégradations représentées. Une marque du « réel surréaliste », l’essai de Bataille sur le gros orteil etc etc etc, amplifié, un trou noir vide de trompettes sonnant à l’envers, sur-énoncé, placé comme « une cathédrale sur » le bien-être psychique de chacun. Pour réitérer le contraste avec des titres sans nom, l’absence de toute description verbale élaborée en dehors des matériaux utilisés, crée un plus grand sentiment d’horreur, un manque de guide, de se retrouver dans un royaume de non-connaissance. Là où Francis Bacon traitait du confinement et de l’isolement, le travail de Julie Osko crée un plus grand malaise d’être, incapable de discerner où son propre être peut être séparé de sa situation actuelle dans le temps et dans l’espace géographiques. Pour le spectateur, il y a une remise en question consciente de l’autonomie, évoquant un désespoir psychique de définir ce qui nous sépare de ce qui nous repousse, prédominant dans les compositions dessinées. Le malaise de cet attachement indissociable au temps et au lieu, la rupture de l’illusion du sujet parvenant à se séparer « du paysage » pour revendiquer une plus grande identité hante l’œuvre. Les marques excessives semblent devenir calleuses et sculptées, un plus grand sentiment d’anxiété et de frustration entre les scènes et les personnages représentés. Malgré un certain élément ou personnage rendu dans une composition ayant une vue ou un regard, même représenté vers l’extérieur du spectateur ; il n’y a aucune implication ou reconnaissance de la part du spectateur. Cette tactique du regard impliquant potentiellement le spectateur dans une conversation avec l’œuvre est subvertie pour parvenir à une domination relationnelle et à un memento mori plus puissant, un sombre sentiment d’insignifiance est propulsé sur le spectateur. »
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